Quelles soft-skills clés en 2022 ?



Le monde du travail a fortement changé au cours de ces dernières années. Le Covid a sa part de responsabilité, mais il a surtout accéléré des tendances qui étaient déjà amorcées : digitalisation, nomadisation, intergénérations, transversalité etc… ayant pour effet de bousculer les façons de travailler, de collaborer et de manager.


Pour naviguer dans ce nouveau monde, les compétences techniques ne suffisent plus. Il faut être également doté de compétences comportementales, relationnelles et émotionnelles dites aussi soft-skills. « L’évolution du monde du travail, notamment avec la robotisation, l’automatisation et l’intelligence artificielle, nous oblige à miser sur le capital humain, donc les soft skills. », rappelle Jérôme Hoarau, co-auteur de l’ouvrage Le Réflexe Soft-Skills (éditions Dunod)


C’est pour cela que nous avons décidé de revenir sur les 5 soft-skills incontournables en 2022, à développer en priorité si l'on veut rester dans la course. En tête de liste de ce qui est plébiscité par les dirigeants et professionnels RH, on trouve la communication, puis la collaboration, l'intelligence émotionnelle, l'adaptabilité et la responsabilisation.


Communication


La communication est citée comme l’une des compétences clés du XXIème depuis quelques années déjà, que ce soit par le Forum Economique Mondial dans son rapport de 2020 ou par l'OCDE dans son rapport bien plus ancien encore de 2008. Les enjeux d'une bonne communication sont nombreux : des individus qui se comprennent, s’entendent et travaillent bien ensemble, mais aussi des individus qui sont motivés.


Cela commence par la maîtrise des outils de communication. Dans un monde hyper digitalisé où le travail hybride est devenu la norme, il est plus que nécessaire de savoir utiliser les bons outils, qu’ils soient digitaux ou présentiels. Mais il s’agit là d’un art bien plus que d’une maîtrise technique : c'est savoir les utiliser à bon escient, selon le contexte et l’objectif recherché. Qu’il s’agisse de réunions, de face/face, de présentations descendantes ou de réunions participatives etc…il faut être capable de choisir le bon format et le bon canal pour passer correctement les informations, fédérer et motiver.


Une bonne communication passe également par la capacité à délivrer des messages clairs, structurés et engageants. En d’autres termes, à inspirer et donner du sens. Une compétence aux contours multiples qui demande accompagnement et entraînement.


Collaboration


La collaboration va bien au-delà de la capacité à travailler avec les autres. La crise a mis en exergue la force de l’entraide et plus largement du collectif. La distance imposée par le télétravail a réveillé le besoin de se retrouver. Face à un problème, on sait qu’on est plus fort à plusieurs. C’est ainsi qu’avant même le Covid, les entreprises œuvraient déjà pour casser les silos et stimuler la collaboration. On a alors vu émerger de nouveaux modes d’organisation du travail, avec la suppression des bureaux, l’agencement d’espaces collaboratifs ou encore la mise en place de tribus ou de squads.


Mais attention, le simple fait de réunir des individus ensemble ne suffit pas à les faire collaborer. C’est aussi, et surtout, une question de postures : pour collaborer efficacement il faut être capable d’accepter de partager ses idées et les succès, d’accueillir les divergences, d’écouter sans pour autant s’effacer complètement. Ecoute active, empathie, affirmation de soi… des compétences soft qu'il convient de développer en permanence.


Intelligence émotionnelle


L’intelligence émotionnelle est sans nul doute l’une des compétences les plus importantes de ce début du XXIème siècle. Elle se définit par des aptitudes interpersonnelles et relationnelles, telles que la connaissance et la maîtrise des émotions, l'auto-motivation ou encore la maîtrise des relations humaines. En entreprise, on la qualifie souvent par la capacité à identifier et maîtriser ses émotions et celles des autres afin de ne pas les subir.


L’ascenseur émotionnel que nous vivons depuis 2020 et qui dépasse les seules frontières du monde du travail nous met à rude épreuve. A cause du télétravail, les frontières vie pro et vie perso sont poreuses. Il faut avoir une certaine discipline pour s’obliger à faire des coupures et être extrêmement bien organisé pour ne pas se noyer dans la multiplicité des tâches. Et sans aller jusque là, le simple fait de travailler avec les autres peut être source d’incompréhensions, de tensions et de conflits.


La bonne nouvelle est que gérer ses émotions s’apprend. Et s’il y a quelques années encore en entreprise on considérait qu’il fallait les cacher, on sait aujourd’hui que c’est tout le contraire. Mais si le constat est de plus en plus partagé, peu d'entreprises savent réellement accompagner leurs managers et collaborateurs sur ces sujets.


Adaptabilité


Face à l’instabilité constante, il faut savoir faire le caméléon. C'est ainsi que, pour 72% des cadres, la capacité d'adaptation est considérée comme la première compétence pour faire face aux changements futurs.


Les métiers évoluent en permanence et on identifie que près de 30% de ceux de 2030 n'existent pas encore. L’organisation du travail a également fortement changé avec la pandémie et continue de changer au rythme des réglementations. Une chose est sûre, la plupart des entreprises ne reviendra pas au 100% présentiel. Selon une étude Ugict-CGT de septembre 2021, une grande majorité des salariés souhaitent, après la crise, continuer à télétravailler à raison de 2 à 3 jours par semaine. Les modalités de travail vont continuer de se faire de plus en plus à la carte, avec une très grande flexibilité exigée de part et d’autre.


A l’instabilité organisationnelle s’ajoute l’instabilité business. Il faut être capable de changer de stratégie à tout moment. En d’autres termes, accepter que les cartes soient rebattues en permanence. Là encore, cela fait appel à des aptitudes bien particulières : lâcher prise, savoir se remettre en question, accepter de tâtonner, de se tromper et rebondir vite. On identifie au loin derrière l’adaptabilité une autre soft-skills : la résilience.


Responsabilisation


Parce qu’il faut s’adapter vite, les processus de décision doivent être les plus courts possibles. Pour les entreprises, cela veut dire faire confiance, déléguer et donner le droit à l'erreur ; pour les managers et les collaborateurs, accepter de prendre des risques, d'avancer en mode test and learn et, encore une fois, s'autoriser à se tromper tout en apprenant à se relever.


Là encore, une posture qui peut être contre-intuitive. Derrière l’intention, il y a nos habitudes et nos freins. Parce que nous sommes aversifs à la perte, nous n’aimons pas spécialement prendre des risques. Encore moins si nous ne nous sentons pas dans un environnement bienveillant et sécurisant.


Ces 5 soft-skills, incontournables en 2022, le seront très certainement encore dans les années à venir. Les développer n’est donc plus une option. La question qui se pose maintenant est de savoir comment. Contrairement à une compétence purement technique, les soft-skills ne s'apprennent pas dans les livres. Pour développer de nouvelles postures, il faut s'appuyer sur des démarches concrètes, ancrées dans le quotidien. Des démarches qui permettent de passer de la théorie à la pratique.



Sources :

Le Réflexe Soft-Skills, Jérôme Hoarau et Fabrice Mauléon, éditions Dunod

Enquête de l’Ugict-CGT du 2 septembre 2021.

OCDE 2019, www.oecd.org/fr/edu.

The futur of jobs report, nov 2020. Forum économique mondial


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