Pour être entendu, développez votre écoute active !

Vous rêvez d'une recette simple et efficace pour booster la performance de vos équipes et donner à votre entreprise un avantage concurrentiel notable ? Bonne nouvelle, cela est possible : il suffit de développer l'Ecoute.


Nos modes de travail nous imposent, en continu, de travailler avec les autres. Parce que le collectif produit plus et mieux que la somme de chaque individu, parce que la transversalité permet d'être plus rapide et de s'adapter en continu.


Pour autant, qui n'a pas constaté à quel point il était difficile de faire travailler des gens ensemble, dans le sens d'un travail collectif efficace et performant ? Qui n'a pas déjà eu l'impression de perdre son temps dans des réunions longues et fastidieuses, au sortir desquelles personne n'était aligné sur ce qui s'était dit et ce qu'il convenait de faire ?

Souvent, on attribue la moindre efficacité des réunions à un manque de temps, de préparation voire même de leadership. En réalité, si celui qui tient la baguette du chef d'orchestre a une part indéniable dans la manière de mener les échanges, il ne pourra pas faire grand-chose sauf à devoir se transformer en maitre d'école si, dans le groupe, l'écoute est l'affaire de personne ou seulement des autres... Il suffit de comparer avec un chef d'orchestre : il donne le rythme, les nuances et la vision d'ensemble du morceau, mais ceux qui le produisent, de la première note à la dernière, ce sont les musiciens qui n'ont pas d'autre choix que de s'écouter les uns les autres et le font naturellement.


Pour que cela fonctionne, les premiers ingrédients auxquels on pense sont la collaboration, l'ouverture d'esprit ou encore la capacité à se remettre en question etc. Autant de "soft skills" sur lesquelles les entreprises portent une attention particulière, que ce soit dans leurs recrutements que dans leur politique de développement des compétences.


Mais ces dernières sont parfois trop ambitieuses, couteuses et chronophages. Elles donnent naissance à des programmes de développement qui tentent d'adresser trop de compétences, entrainant un manque de lisibilité et de sens pour les collaborateurs qui, in fine, ne comprennent plus ce qui est attendu d'eux en priorité.


Se concentrer sur l'écoute, en en faisant un axe clé de sa stratégie de développement et d'accompagnement du changement, peut avoir un impact positif extrêmement fort pour une entreprise. Il suffit pour s'en convaincre de s'arrêter quelques instants sur les bienfaits de l'écoute pour en comprendre toute la puissance.

Les bienfaits de l'écoute

L'écoute est tout d'abord un puissant levier de reconnaissance individuelle, trop souvent ignoré : en accordant de l'intérêt et de l'attention à ce que dit l'autre, on le valorise.

C'est également un redoutable outil de communication. Qui n'a jamais constaté que la majorité des gens présents lors d'une réunion étaient constamment rivés sur leur ordinateur ou leur smartphone, voire parfois les deux en même temps... ? Qui n'a pas vécu les aller-retours incessants post réunions pour recouper les informations, vérifier ce qui s'est dit et ce qui a été convenu ? Cela parait tellement ridicule quand on y pense, et pourtant tellement fréquent... En développant l'écoute, on améliore les échanges et le partage des informations. Ils sont plus rapides, plus efficaces et plus fiables.

L'écoute est aussi un véritable booster de collaboration. Quand on s'écoute, on se comprend (mieux). Les discussions sont plus fluides et agréables, les tensions et les conflits sont moindres. On réduit les incompréhensions et les quiproquos. Les personnes sont mieux à même de travailler et d'avancer ensemble.


C'est également le premier vecteur d'empathie, si importante pour travailler en équipe : lorsqu'on écoute, on met de côté ce que l'on pense et ce que l'on est pour se mettre pleinement à la place de celui qui parle.


Mais les bienfait de l'écoute ne s'arrêtent pas là. Elle invite au lâcher-prise : on se pose, on prend du recul et le temps de traiter les sujets en profondeur, les uns après les autres. On est ainsi plus posé, moins stressé, ce qui favorise le bien-être et le sentiment d'accomplissement d'un travail bien fait. L'écoute est donc indéniablement un facteur de bien-être.


Pour conclure, l'écoute est un réel levier d'engagement et de performance des équipes. D'abord individuel, puis collectif. En écoutant, j'insuffle un état d'esprit d'ouverture, je facilite la parole, l'innovation et la prise de risque. Je montre l'exemple d'une écoute bienveillante et fertile.


Vous voulez être entendus ? Alors écoutez !

Réfléchissez à ce que serait la parole, celle de nos leaders charismatiques, de ceux qui savent emmener des équipes, donner du sens, motiver et engager, si elle n'était pas écoutée ? Et bien, là encore la réponse est simple : elle ne serait rien. Silence, lettre morte, parole en l'air...


C'est à cela que se distinguent les grands leaders. Ce sont ceux qui savent écouter. Ils savent s'enrichir des avis, conseils et remarques qui leurs viennent de part et d'autres, pour s'ouvrir à ce qu'ils n'auraient pas nécessairement imaginé et, le moment venu, emmener dans la bonne direction et prendre les bonnes décisions.

L'écoute est donc un véritable levier managérial : je me positionne en retrait, je laisse la place aux autres, j'ai tout compris à mon rôle de leader aiguilleur, facilitateur, animateur... De là va naître le rapport de confiance et l'engagement des équipes, qui seront alors bien plus forts qu'une assertivité imposée par une forme d'autorité.


L'écoute, une notion simple aux multi-facettes

Si l'écoute est une notion simple d'apparence, elle est en réalité bien plus complexe à appréhender. Ecouter c'est tout d'abord entendre, accepter de tendre l'oreille, de recevoir ce que dit la personne.


A cela s'ajoute le fait de comprendre : non seulement je reçois les informations mais aussi je les intellectualise et je cherche à les "traduire". Cela suppose une véritable ouverture à l'autre pour, au-delà des mots, en comprendre le sens sous le prisme de la personne qui parle et dont le système éducatif, cognitif, le vocabulaire et les modes de communications peuvent être bien différents des nôtres. Et donc de gommer nos propres repères, convictions et biais qui nous font comprendre, parfois, autre chose que ce qu'on voulait nous dire.

Enfin, écouter suppose de mettre de côté nos pensées pour qu'au moment même où la personne nous parle, nous ne soyons pas ailleurs ou déjà en train de réfléchir à ce que nous voulons dire...


Comment développer l'écoute ?

On comprend là toute la difficulté de développer l'écoute : c'est une aptitude qui demande un travail assez personnel. Pour autant, des leviers sont particulièrement efficaces pour développer l'écoute en entreprise.

On pense naturellement aux formations à l'écoute, qui ont le mérite de rappeler les principes de base d'une bonne communication (regarder dans les yeux, ne pas interrompre etc.).


Mais cela n'est pas suffisant et dans les entreprises où le mode projet est devenu la norme de travail, les formations aux techniques d'animation de groupes ainsi qu'à la gestion de projet devrait être un prérequis. Elles sont nécessaires pour permettre au manager et/ou chef de projet de bien comprendre son rôle de facilitateur et d'animateur. De cette compréhension découle sa posture et son positionnement. Ces formations permettent aussi de les doter des outils nécessaires pour créer une dynamique de co-construction, chacun devant comprendre qu'il est là pour apporter sa pierre à l'édifice sur la base de ce que l'autre a proposé.

On peut également mettre en place des accompagnements s'appuyant sur des pratiques de développement personnel. Il en est ainsi du coaching, individuel et d'équipe, ou encore de la méditation qui renforce la capacité de concentration, le lâcher prise et l'ouverture à l'autre. En faisant le vide et en se recentrant sur l'essentiel, on se met en capacité de retrait, et d'écoute.


Le premier levier de l'écoute : l'entreprise, ses valeurs et ce qu'elle promeut

Mais tout cela ne portera ses fruits que si l'écoute, en tant que valeur, est à la fois portée et valorisée par et dans l'entreprise. Or, si prêcher la bonne parole ne pose généralement pas de difficulté, la valorisation de pratiques qui se veulent congruentes peut parfois s'avérer plus compliquée.


Ainsi, promeut-on la prise de parole à tout va et à tout prix, pour montrer qu'on est présent et impliqué ? Ou celle, plus mesurée, moins fréquente et plus dosée, soucieuse d'apporter uniquement de la valeur ajoutée ? Identifie-t-on un leader par son assertivité, sa confiance en lui même si elle est parfois exacerbée ? Ou laisse-t-on la place à des leaders qui reconnaissent leurs doutes, leurs erreurs et savent se remettre en question, et ce à tous les niveaux ?


On l'aura compris, il s'agit avant tout d'un juste équilibre. Et d’exemplarité.

L'enjeu est donc de taille et loin d'être facile. L'écoute est clairement une compétence prioritaire à développer aujourd'hui en entreprise. Elle peut transformer les postures, les manières de travailler et, en conséquence, la performance des équipes. Elle se travaille individuellement et collectivement. Et surtout, elle se porte et se montre par l'exemplarité des leaders. Alors, n'hésitons plus : écoutons !


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