Libérer le pouvoir d'innovation de vos managers et collaborateurs



J'ai souvent entendu dire que l'innovation était une aptitude réservée à quelques équipes, celles de la recherche ou du marketing, ou à quelques profils, les "créatifs", ceux qui ont des âmes d'artistes.


En réalité, nous pouvons tous développer notre capacité d'innovation. Être innovant, c'est avant tout accepter de sortir du cadre et de sa zone de confort, savoir prendre des risques pour trouver des solutions ou améliorer l'existant. L'innovation ne se réduit donc pas à son résultat, une idée ou un produit génial, mais se définit bien plus par un état d'esprit, une posture, une manière de voir et de faire les choses.


Pour insuffler une culture d'innovation, il existe 5 leviers clés incontournables.

Favoriser l'auto-critique


La capacité d'auto-critique est une condition sine qua non à toute culture d'innovation. Cela revient à avoir un 3eme œil qui observe ce qu'on fait et comment on le fait, pour nous aider à prendre du recul, à voir ce qui fonctionne et ne fonctionne pas. Au niveau de l'entreprise, cela veut dire accepter, à tous les niveaux, de remettre en cause ses usages, ses pratiques ou encore ses choix stratégiques. Parmi les pratiques les plus marquantes on peut citer celle du Shadow Comex, comité exécutif dans l'ombre qui permet d'apporter un regard différent et critique aux idées et aux projets portés par la direction. Au niveau individuel, l'auto-critique va de pair avec le développement d'une compétence comportementale et relationnelle fondamentale : l'humilité. Celle qui nous rappelle que nous n'avons pas toujours raison et que le feedback des autres, quel qu'il soit, est important et doit faire partie de notre mode de fonctionnement.


Encourager et accompagner les initiatives


La prise d'initiative est cet élan qui permet de passer de l'idée à l'action. Elle se traduit par une énergie positive qui nous désinhibe et nous met en mouvement. En entreprise, de nombreux dispositifs peuvent être mis en place pour favoriser la prise d'initiative : boîte à idées, challenges, hackathon etc... Mais pour que cette prise d'initiative s'instaure dans la pratique quotidienne et ne soit pas réservée à des projets, il est essentiel d'agir sur son principal moteur, à savoir l'audace. A la différence de la témérité qui se traduit par une prise de risque démesurée, l'audace est la capacité à sortir de sa zone de confort pour prendre des risques préalablement évalués. C'est oser aller là où les autres ne vont pas, sortir du cadre ou encore dépasser ses limites. Mais il y a un ennemi redoutable à l'audace : la peur. Celle d'échouer, de décevoir et surtout de se décevoir. Pour favoriser la prise d'initiative, il est donc essentiel de faire tomber les craintes en donnant la permission de se tromper et en valorisant toutes idées, qu'elles aient connu un succès ou pas.


Développer la recherche de solutions


Proposer plutôt qu'opposer, agir plutôt que subir, améliorer plutôt qu'exécuter. La recherche de solution et la résolution de problèmes font partie des compétences clés identifiées par le forum économique mondial dans son nouveau rapport sur les compétences du futur. Il existe des méthodes de travail qui permettent de former à la résolution de problèmes, tels que les ateliers d'intelligence collective type co-développement ou design-thinking. Cela ne saurait suffire, toutefois, à insuffler une véritable culture d'innovation. Car sur ce domaine encore, tout est question d'état d'esprit : c'est être capable de voir le verre à moitié rempli plutôt que vide et de considérer les obstacles comme des opportunités. A un état d'esprit optimiste s'ajoute la résilience et la persévérance. Pour cela, pas de recette miracle mais des pratiques engageantes : montrer l'exemple au plus haut niveau de l'entreprise en adoptant un discours inspirant, positif et porté sur l'avenir. Cela passe également par redéfinir les attentes en mettant l'accent non pas seulement sur le résultat obtenu mais aussi sur le chemin parcouru.

Favoriser l'expérimentation


Innover suppose de sortir du cadre de référence pour explorer des zones inconnues. Il y a nécessairement une part d'incertitude et espérer pouvoir tout prédire et contrôler est irréaliste. Il faut adopter la méthode du petit pas et s'inscrire dans une démarche d'expérimentation. Dans ce domaine, les méthodologies de management agiles sont très utiles. Quelle que soit la méthode (scrum, kanban), les principes sont les mêmes. On fonctionne de manière itérative et non linéaire, en testant rapidement pour être au plus près du besoin client et pouvoir, en continu, s'adapter. Sans aller jusqu'à appliquer ces méthodes, strictes et réservées à quelques équipes, il est toutefois possible d'en extraire les grands principes pour insuffler de nouvelles manières de travailler. Et d'accompagner alors managers et collaborateurs au développement de compétences indispensables à leur pleine appropriation, à commencer par la capacité à lâcher prise pour accepter d'avancer en zone grise sur un projet non abouti. Cela veut dire également savoir demander et recevoir du feedback pour tirer les enseignements de ses expérimentations. Et puis encore ici, de travailler sur la peur d'échouer.

Révéler les énergies créatives


L'innovation est fortement liée au collectif et à l'intelligence collective. Être capable de créer des synergies en assurant la pleine expression de tous est la marque des entreprises les plus performantes et des plus grands leaders. En pratique, cela passe par la promotion de la diversité et de l'inclusion mais aussi par l'accompagnement des managers et des collaborateurs sur ce que cela veut dire en terme de comportements : savoir écouter, questionner, communiquer, pour créer du lien et mettre en confiance.


Pour générer une culture de l'innovation, il est donc essentiel de faire bouger les lignes, celles de l'entreprise certes mais surtout celles, plus personnelles, de chaque collaborateur et manager, en les accompagnant au plus près.


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